Pourquoi est-ce que la fédération taïwanaise a décidé de se retirer de l'organisation des Championnats du monde ?
On commençait à se douter qu'il y avait un problème avec les organisateurs. Quand on a fait une visite des installations début mars, on s'est aperçu qu'ils avaient pris du retard, notamment dans le choix du site ou des hôtels. J'en suis revenu un peu dubitatif quant à leur capacité à gérer un tel événement, car leur équipe de bénévoles est limitée en nombre, et que le financement provenait essentiellement des fonds privés du président de la fédération, Bob Yeh.
Quand on lui a donné le cahier des charges, il nous avait assuré que rien ne posait problème, mais au fur et à mesure, il a dû se rendre compte que ça allait coûter plus d'argent que prévu. Leur fédération, c'est juste quelques personnes.
Ce sont les raisons invoquées pour expliquer ce retrait ?
Ça et d'autres points annexes. Ils voulaient notamment avoir un autre fabriquant de boules comme sponsor. Or, nous avons déjà un partenaire à l'international. Ce qui, au passage, ne l'empêchait pas de faire de la vente sur le site puisque le règlement ne prévoit pas d'exclusivité. Ils ont aussi mis en avant leurs relations délicates avec les télévisions et la peur d'avoir des frais importants. Mais, là encore, c'est un prétexte qui ne tient pas la route, puisque ça ne leur coûtait rien, et ne risquait pas de grever leur budget.
Comment-est ce que vous avez réagi à ce revirement ?
Ça ne fait évidemment pas plaisir. J'ai d'ailleurs fait un courrier à Bob pour le lui faire comprendre. Mais, tout en donnant notre préférence à Taïwan, nous avions aussi conservé la piste de la Turquie. Quand je l'ai appris, j'ai donc envoyé un mail au président de la fédération turque pour savoir s'il était toujours partant. Ce qu'il m'a confirmé. Seulement, les dates prévues pour Taïwan ne lui conviennent pas, donc on va décaler. Mais en quatre heures d'échange de mails, on a réglé la situation.
La compétition 2010 aura donc lieu en Turquie ?
Je dirais "oui" à 95%. On a aussi sous le coude le dossier des États-Unis, qui sont d'accord. Mais il existe un risque concernant l'obtention des visas, donc ça reste une option. C'est un pays qui est devenu très crédible en matière de pétanque, et que l'on considère comme une piste très intéressante pour 2012.
Vous en avez d'autres ?
La Thaïlande vient également de se déclarer candidate ces derniers jours. Mais la Turquie reste la solution la plus arrangeante, dans la mesure où ce pays a un savoir-faire avéré en matière d'organisation, prouvé d'ailleurs lors des Championnats du monde féminins en 2008, et qu'il a un très fort soutien de la part des pouvoirs publics. |
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Vous avez déjà une idée du lieu et des dates ?
On a évoqué les 7 et 8 d'octobre. C'est une date que l'on devrait pouvoir affiner dans les prochains jours. Pour ce qui est du lieu, à l'heure actuelle nous avons retenu Izmir.
Quel est l'impact économique de la situation sur la fédération internationale ?
C'est surtout le coût de nos déplacements à Taïwan pour y faire les visites des installations. Mais on en a profité pour faire de la formation. Ça aura au moins servi en ce sens. Ça peut, en revanche, être plus gênant pour certaines fédérations qui auraient déjà entrepris des réservations, même si je pense que ça concerne assez peu de gens.
Est-ce que vous allez en tirer des conséquences ?
On va d'abord regarder s'il y a matière à prendre des sanctions administratives. Mais ce qu'il faut surtout, c'est tenir compte de ce cas pour éviter qu'il ne se reproduise lors d'une prochaine organisation. On l'évoquera probablement lors du comité exécutif.
Surtout qu'il risque de ternir l'image de la pétanque internationale...
Ça n'est pas bon, mais on constate le même genre de situations dans d'autres sports et pas des moindres. Il suffit de voir les difficultés de l'Ukraine pour l'organisation du Championnat d'Europe des nations de football en 2012, ou encore les prochains Jeux méditerranéens de 2013, qui étaient prévus en Grèce et qui vont être confiés à la Croatie. Les problèmes d'organisation ça se généralise dans le sport.