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Président du Mondial la Marseillaise, Michel Montana veille sur son tournoi et son équipe.
 
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Rencontre avec André Deramond, l'ancien président de la Fédération australienne de pétanque.
 
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La première étape des Masters, disputée à Dreux, a fait la part belle aux jeunes.
 
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La rubrique "Vie des clubs" retrace l'actualité marquante de la semaine dans les régions.
 
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Retrouvez une sélection des derniers résultats des concours de la semaine.
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Le Guide Boulisme 2010
 Magazine Boulisme

Montana monte la garde
Personnage haut en couleurs, Michel Montana, le patron du Mondial la Marseillaise, veille sur son concours depuis près d’un demi-siècle. Avec une drôle d’équipe à ses côtés.
 
© Robert Terzian - La Marseillaise
Lancer de bouchon par Jean-Claude Gaudin, sous le regard de Michel Montana (chemise jaune).

Qu’elle est loin l’époque où Colette Renard sommait Marseille de se taire parce qu’il "criait trop fort". Il en est cependant un qui ne risque pas de mettre un bémol à son timbre fleurant bon l’anis, le thym et le safran : Michel Montana, figure du rendez-vous de juillet avec son Mondial la Marseillaise à pétanque, qu’il a contribué à créer en 1962. Entre parc Borély et Vieux-Port, au fil de 4000 parties, Michel est en effet la voix de l’été depuis 49 ans, l’âge de raison de la compétition aux 15 000 participants et quelque 150 000 spectateurs, qui constituent autant d’indispensables figurants.

Comme les Pagnol, Giono, Mistral et Fernandel, l’ancien coursier et chasseur devenu docteur es débrouille et homme d’affaires, est, de son vivant, une personnalité de la capitale de la culture 2013. Mieux même, il a le pouvoir de refouler le temps. N’en déplaise donc à Berthe Silva : avec lui, "on a (bien) tous les jours vingt ans".

Des bretelles à la Charasse

Voyez-le, sur son 31, impeccable dans son costume sombre et des bretelles à faire pâlir le socialiste Michel Charasse, chasseur d’un autre type (à poils et à plumes lui). Mais, foin de politique même si l’on tient compte de l’ouverture d’esprit de notre amène dirigeant d’une publication à coloration rouge, et d’une amitié de longue date le liant à l’UMP Jean-Claude Gaudin, lequel fut le prof d’histoire-géo de son chorégraphe de fils, Vincent, au collège Saint-Joseph.

Le maire de la cité phocéenne figure ainsi en bonne place du réseau d’amis de Michel, trouvant sa quintessence dans le milieu de la culture, au travers d’artistes comme Picasso, César ou Fernand Léger, réunis dans le jardin d’hiver d’Henri Salvador. Michel a d’emblée retenu le précepte de son "tuteur" Paul Ricard, un homme qui conseillait à ses proches de "se faire un ami quotidiennement" et lui avait un jour demandé de mettre sur pied une compétition universelle articulée autour de trois thèmes : l’esprit festif, la convivialité et le fair-play.

C’est ainsi qu’il ne rate jamais l’occasion de rappeler qu’avant de s’appeler "Mondial", puis "Critérium national à pétanque", son bébé avait pour nom "Ricard la Marseillaise" et qu’en conséquence, dès midi, il ne rechigne jamais à lever son verre au seigneur de Sainte-Marthe (au côté duquel il s’engagea dans le combat contre les boues rouges de bauxite à Cassis), à sa descendance (Patrick), et aux bienfaits de ce pastis qu’il convient de déguster dans les règles de l’art : mouillé dans cinq volumes d’eau.

Car, sachez que Michel n’est pas bégueule pour un sou. Il doit cette humilité à ses racines oranaises et à de modestes gènes lui venant d’un père piqueur de sel sur les coques des bateaux et d’une mère chevillée au foyer.

© Marc Pheulpin

Dans le chef-lieu du football, berceau d’un OM redevenu champion de France après 18 ans d’abstinence, il est saugrenu d’évoquer le rugby. Mais tentons : Marseille n’a-t-il pas été un creuset de XIII ? Je ne sais pas en effet pourquoi, mais Michel fait penser à un demi de mêlée alternant poigne, doigté et entregent lui permettant de mobiliser une équipe, en tout point fidèle et structurée. Il y a du Jacques Fouroux dans ce bonhomme à ressorts. Surtout lorsqu’il prend ses vieux grognards dans le sens du poil.

Des airs de Jacques Fouroux

Qui, ce Jean-Paul Delhoume, symboliquement surnommé "Pape", ô combien efficace avec ces messieurs des médias. Qui, ce Roland Villalonga, au charme ibérique, que des tâches à l’organisation n’empêchent pas de tâter de la boule à plus d’heure. Qui, cet Henri Cabel et sa moustache à la Clark Gable, toujours prédisposé à arrondir les angles aussi longtemps qu’emportera le vent du Mistral, et que Montana, créateur des "Salvador de la pétanque" (qui sont aux boules ce que les César restent au 7e art et les Molière au théâtre) s’emploiera.

Songez que Michel a réussi l’exploit de faire accourir l’actrice et auteur Hermine de Clermont-Tonnerre "à pieds de Montmartre" à sa traditionnelle conférence de presse parisienne tenue au Normandy. Sûr qu’il parviendrait cette fois à dépêcher la belle au Prado en carrosse, à l’heure où sa Majesté poussera son premier "Youpi" de fin de discours. C’est là sa joyeuse manière de dire : "Ça y est, on est prêt, on y va". Que la fête commence ainsi…

 Repères

Le Mondial la Marseillaise en chiffres, c’est...
4592 triplettes en 2009, soit 13776 participants.
4 069 parties en cinq jours.
2000 m² d'infrastructures pour l'organisation (bureaux de jeux, économat, secrétariat, service médical, salons de réception, etc.)
27 km de jeux délimités et numérotés, représentant une surface de 109 000 m².
 
Alain Gex, pour Boulisme.
Photos : © Fotolia/Marc Pheulpin.
 
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