À l’origine photographe dans la Drôme, Bernard Larmande prend un jour la tête d’une troupe de théâtre amateur, avec laquelle il décroche le 1er prix d’un festival international, devant Jean Vilar qui le repère et lui demande de "monter" à Paris. Un tournant. S’il a depuis multiplié les interventions sur scène ou devant une caméra, il n’a jamais cessé de se passionner pour la pétanque. Rencontre.
Comment êtes-vous venu à la pétanque ?
Je suis né en Ardèche, je suis arrivé à Nîmes à l’âge de 3 mois et j’en suis reparti à 26 ans. Je vivais dans un mas avec une allée d’acacias, un grand terrain de pétanque où l’on jouait aux boules presque tous les jours. Je crois bien que dès que j’ai pu marcher j’ai lancé mes premières boules. C’est comme le théâtre, il s’agit d’un virus.
Il vous arrive de participer à des concours ?
Plus tard, ça m'est arrivé, oui. Mais uniquement des concours amicaux, rien d'officiel. Ensuite, j’ai arrêté pendant une dizaine d’années, quand je suis arrivé à Paris pour être comédien. J’étais très occupé. Et puis, en voyant les gens jouer sur les quais de Seine, j’ai eu envie de m’y remettre. C’était il y a une quinzaine d'années, ici-même. Depuis, je n’ai jamais cessé de jouer. Puis je me suis mis à participer à des tournois avec l'organisateur Jean-Louis Oliver, Patrice Drevet et bien sûr, à l'époque, l'incontournable Henri Salvador. C’est une vraie passion !
Pourquoi les "people" montrent autant d'intérêt pour cette pratique ?
C’est un formidable moyen de se détendre. On fait le vide, on ne pense plus qu’à une seule chose… gagner le point. Et le cerveau apprécie énormément, car il a tous les neurones au repos. La décontraction est telle que lorsque je fais un après-midi de pétanque, je suis littéralement lavé. Même Véronique de Villèle (ndlr : de Véronique et Davina), une spécialiste de la condition physique, dit que c’est la pétanque qui la remet en forme.
C'est cette détente qui vous attire ?
Ca et la convivialité de la discipline. La pétanque a comme gros avantage de gommer les différences sociales. Tout le monde y est à la même enseigne, on joue avec le sous-préfet et l’employé municipal, l’architecte et le postier. Il y a mille façons de jouer une boule, et il faut admettre toutes les visions, même si c’est celui qui joue le mieux qui a raison.
Que pensez-vous du haut niveau ?
À haut niveau, la stratégie est essentielle, et la qualité technique permet d’oser. Mais c’est aussi instructif de voir jouer un champion que le concierge du coin. À condition de ne pas arriver sur le terrain en disant "je suis machin…" ou "je suis champion de…" : il faut s’adapter à ceux qui sont là et à leur niveau de jeu, quel qu’il soit.
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Il vous arrive de jouer sur un tournage ?
Sur le tournage d’une publicité, nous avons été consignés une semaine dans un hôtel en Ardèche. Il y avait un terrain de pétanque. On venait nous chercher sur le terrain au moment où tout était prêt. J’ai aussi fait pendant six ans une série qui s’appelle "Le Camarguais", à côté de Nîmes, et là c’était génial parce qu’il y a eu deux épisodes, dans un bistrot à Vallabrègues, pendant lesquels on passait notre temps à la pétanque. C’était comme si je jouais à domicile.
Personne n'a jamais découvert votre petit manège ?
(il sourit). Non. Le mieux, c’était l’époque de "La Tempête", de Shakespeare, à Nice. Derrière le théâtre, il y avait un boulodrome et entre les scènes on disputait des parties en costume. On avait averti le régisseur, et il nous donnait le top quand c’était notre tour. Le directeur du théâtre était Gabriel Monnet, un fou de pétanque, qui était d’Antraigues, dans l’Ardèche, où j’ai beaucoup joué avec Jean Ferrat. Depuis, la pétanque me suit partout, comme elle l'a toujours fait...