Carcassonne n'est pas un lieu ordinaire. La perle audoise, classée en 1997 au patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO, se nourrit de légendes.
Sur ces terres voisines de la Méditerranée, on laisse volontiers dire que la ville tiendrait son nom de la Princesse Carcas, dont la malice aurait vaincu Charlemagne au début du IXe siècle. Après cinq ans de lutte entre deux armées affamées, la belle fit lancer ses dernières denrées, un cochonnet gavé au blé, par-dessus les remparts.
Charlemagne, pensant la cité remplie de vivres, préféra alors lever le siège. Savourant sa ruse, elle ordonna en retour de faire sonner les cloches, faisant s’exclamer l'autre camp : "Carcas sonne!" Une comptine pour touristes, car le personnage n’a pas d’existence avérée. Charlemagne, lui, n’a même jamais fait le siège de la ville...
Rugby, police et pétanque
Aujourd’hui, les seuls cochonnets encore lancés accompagnent les boules, dans l'élan d'une pétanque en plein essor. Avec une douzaine de clubs, cette commune de 49 000 habitants est d’ailleurs le premier pourvoyeur du département.
Le petit nouveau, le Carcassonne Pétanque Sport, fondé en octobre 2009, ne va pas freiner la tendance. "On veut s’ouvrir aux jeunes, aux femmes et aux handicapés", explique Yannick Escloupier son président. A 34 ans, ce fonctionnaire de police a, un temps, touché au ballon ovale.
Un tour par l'équipe de France
Ancien joueur et capitaine de rugby à XIII à Limoux, Carcassonne et Toulouse, il compte même douze sélections en équipe de France. Côté pétanque, après Gruissan, où il a côtoyé le double champion du monde Georges Simoes, il a participé à trois Championnats de France et plusieurs fois au Mondial la Marseillaise.
Une expérience traversée avec gourmandise. "La mairie et le comité de l’Aude se disent prêts à s’investir", souffle-t-il. "Ça donne envie de monter un Mondial de pétanque chez nous". Le projet fait rêver, mais n'est encore qu'à l'état d'ébauche. D'autres, avant, en ont soutenu de plus ambitieux...