La ligue Languedoc-Roussillon a perdu plus de 5000 licenciés en 2009. Comment analysez-vous la situation ?
Cette année, on est tombé au plus bas de l’échelle et on ne peut que repartir vers le haut. Ce sera nécessaire, car une telle chute correspond à une perte d’argent pour les comités, les ligues, et la Fédération.
Vous êtes inquiet pour l’avenir ?
(il hésite). Inquiet, non. Pour se relancer, il faut faire en sorte que les jeunes reviennent. Mais j’ai bien conscience de la difficulté de les attirer alors que nombre d’entre eux préfèrent se tourner vers le football, le rugby, ou encore le judo. D’autant que les parents s’investissent moins et considèrent les écoles de pétanque comme de simples halte-garderies.
On évoque souvent des problèmes de comportements dans votre ligue ?
Dans l’Hérault, il faut reconnaître qu’on a des soucis. On ne doit pas jouer à la pétanque pour se faire embêter. Ça n’est pas le sens de cette discipline. Le résultat fait que beaucoup se contentent désormais de jouer uniquement dans leur club pour être sûr de passer un bon moment. Il faut revenir à cette convivialité.
Pourquoi particulièrement l’Hérault ?
Le gros du problème se situe à Montpellier, où se déplace un petit noyau de gens qui se sentent au-dessus des lois et se croient intouchables. Je connais énormément de joueurs qui ne veulent plus faire les concours à Montpellier. Ceci étant, on constate les mêmes phénomènes partout.
Quelle est la situation du provençal ?
Avec le Gard, nous possédons une vraie terre de provençal. C’est une richesse pour la ligue. En jeu provençal, il y a moins d’argent à gagner que dans la pétanque et l’ambiance n’est pas la même. D’ailleurs, quand j’entends certains dire qu’ils ne jouent pas pour l’argent, ça me fait sourire.
Du point de vue financier, précisément, quel est l'état de santé de la ligue ?
Trouver des sponsors et obtenir des subventions devient moins évident, d’autant que celles du Conseil régional diminuent. Il faut aussi intégrer la forte concurrence des autres sports comme le football, le rugby ou le hand-ball. La pétanque arrive loin derrière.
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On vous sent pessimiste...
Un peu, oui. Mais il faut rester positif, sinon ça n’est pas la peine de se lancer dans le monde associatif. Appuyons-nous sur ce qui fonctionne, comme par exemple les Nationaux de notre ligue. Cette année, Palavas et Béziers ont redémarré : c’est un point très positif. Nous devons aussi réussir à faire venir de grands joueurs dans le Sud. Car, à part Nice, les très grands ne sont pas chez nous.
Est-ce que les grands clubs ne risquent pas de créer des déséquilibres ?
Une élite, il en faut une, malgré ce que disent les petits clubs. Nice, c’est un peu comme l’Olympique lyonnais en football. En revanche, il ne faut pas oublier que cette élite vit grâce aux petits clubs. L’élite et la base dépendent l’une de l’autre.